Il y a quelques jours, j’ai eu l’opportunité de prendre part à nouveau à l’Assemblée Générale Annuelle du groupe African Export-Import Bank (Afreximbank).
Cela représente toujours un moment clé pour échanger avec les acteurs de la finance sur les enjeux, opportunités et leviers de transformation économique du continent. C’est aussi l’occasion de mesurer l’évolution du déploiement de l’écosystème construit par ce groupe pour libérer le potentiel de développement de l’Afrique, ainsi que l’impact concret de certains instruments dans les zones déjà opérationnelles.
Cette année, le Africa Trade Gateway a été au cœur des échanges. Cet écosystème digital intégré, développé par Afreximbank, regroupe plusieurs solutions destinées à simplifier, sécuriser et accélérer les échanges commerciaux intra-africains : facilitation des paiements, gestion documentaire dématérialisée, accès à l’information commerciale stratégique, services logistiques. Un véritable outil structurant, pensé pour surmonter les contraintes pratiques du commerce transfrontalier africain.
Dans le prolongement, l’une des initiatives phares évoquées, le Pan-African Payment & Settlement System – PAPSS vise à faciliter les paiements intra-africains en éliminant les barrières liées aux devises étrangères. Pourtant, malgré son potentiel, sa mise en œuvre reste inégalement répartie. En Afrique Centrale, par exemple, plusieurs défis structurels ralentissent son adoption : intégration financière encore limitée, interopérabilité bancaire complexe, ou encore fragmentation des marchés.
Ce constat met en lumière une réalité fondamentale : l’intégration africaine nécessite une approche différenciée et pragmatique, tenant compte des écarts de maturité économique et des réalités propres à chaque sous-région.
Comme l’a justement rappelé le Prof. Benedict Oramah, Président sortant d’Afreximbank, dont la vision et les actions auront marquées de manière considérable l’Afrique ces dernières décennies :
« L’inclusion ne signifie pas seulement ouvrir la porte, mais s’assurer que chacun puisse franchir le seuil avec les moyens nécessaires. »
Plus que jamais, l’efficacité des instruments panafricains dépendra de notre capacité collective à :
– Adapter les stratégies aux réalités régionales ;
– Associer les acteurs locaux aux décisions ;
– Déployer des solutions accessibles et adaptées.
En tant que professionnelle engagée sur le terrain, je suis convaincue que c’est dans cette dynamique collaborative et différenciée que se construira une intégration économique authentique et durable.









